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          La première cohorte de filles à marier arrive à Québec le 22 septembre 1663.  Le navire du roi L'Aigle d'Or, parti de Brouage (Hiers-Brouage) s'est d'abord arrêté à Tadoussac.  Quatre dignitaires dont le nouveau gouverneur, Augustin de Saffray de Mézy et François de Laval, s'embarquent dans une chaloupe pour devancer l'arrivée de l'Aigle d'Or à Québec.  Ils arrivent à destination le 15 septembre afin de recevoir les filles du roi en grande pompe à Québec.

          Le terme 'filles du roi' est apparu la première fois dans l'autobiographie de Marguerite Bourgeois (1697-1698).  Ce terme a fait oublier celui de 'filles à marier' utilisé dans les premiers documents.

          Arrivant une semaine à l'avance à Québec sur l'Aigle d'Or, le nouveau gouverneur et le vicaire apostolique de Nouvelle-France ont le temps de préparer les prétendants à recevoir 'convenablement' les futures épouses.  L'administration de la colonie doit aussi faire voir aux nouvelles-arrivées que la terre d'accueil en est une de prospérité et avantageux pour elles.

Les filles débarquent avec des effets personnels transportés dans un coffret et une dote donnée par le roi afin de stimuler les demandes en mariage.  Cette dote est à l'origine de l'appellation 'filles du roi'.

          Dans un document des Fonds d'archives du séminaire de Québec on mentionne :

En plus des vêtements, il devait être fourni une cassette (coffre), une coiffe un mouchoir de taffetas, un ruban à souliers, cent aiguilles, un peigne, un fil blanc, une paire de bas, une paire de gants, une paire de ciseaux, deux couteaux, un millier d'épingles, un bonnet, quatre lacets et deux livres (2£) en argent sonnant. Parmi les conditions d'acceptation, les filles du roy devaient être âgées entre 16 et 40 ans, et n'être «point folles» ni «estropiées». En principe, il fallait de «jeunes villageoises n'ayant rien de rebutant à l'extérieur et assez robustes pour résister au climat et à la culture de la terre».

          De 1663 à 1673, plus de 710 femmes dotées du roi arriveront de France pour prendre époux en Nouvelle-France.

Pour en apprendre +

        On peut imaginer la frénésie de ces hommes célibataires rassemblés sur la berge et la place du marché (Place royale)  pour voir ces filles arrivées spécifiquement dans le but d'être épousées.  Noël a 21 ans lorsque l'Aigle d'Or fait découvrir les premières filles à marier.  Marie du Monmainier arrive avec la deuxième cohorte de filles à marier, le 30 juin 1664.  Les circonstance font qu'il lui faut un an et demi pour trouver un mari.  Noël et Marie s'unissent le 7 janvier 1666.