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Dans plusieurs documents, Noël déclare être cordonnier.  Au XVIIe siècle, les métiers sont transmis de père en fils aîné. La colonie française ayant besoin d'hommes de métiers pour soutenir le peuplement, on peut supposer que Noël ai tenté l'aventure en Nouvelle-France comme 'engagé cordonnier'.   Cependant, aucun document notarié ou juridique ne démontre qu'il ai pratiqué son métier.  Les documents le concernant se rapportent à lui comme étant charretier. On ne le voit pas assis à son tabouret, portant le tablier et manipulant les peaux tannées.  Installé à Québec, il est plutôt à atteler les chevaux, préparer la charrette et aller d'une terre à l'autre à transporter le bois, le sable et les pierres :

  • 05-11-1662, transport de terre à Claude De Corbiere

  • 13-06-1678, engagement de Noël Rose à Guillaume Julien

  • 01-12-1678, marché et convention de charroi de bois

  • 13-01-1681, ventes de bottes de foin par Jean Dansac

  • 13-02-1681, convention entre Antoine Caddé et Noël Rose

Noël a aussi été appelé par la prévôté de Québec pour régler des litiges reliés à son métier de charretier.  Aucune poursuite n'a été trouvé à la prévôté de Québec se rapportant à lui comme étant cordonnier. 

Noël ne semble donc pas avoir professer son métier de cordonnier!  La raison peut se trouve dans le contexte de la libre entreprise initié par la nouvelle politique de Louis XIV .  La fin du XVIIe siècle marque la fin des confréries de métiers.  Les cordonniers indépendants de Nouvelle-France en ont payé le prix.  Malgré une tentative infructueuse des Jésuites pour créer un regroupement de cordonniers-pieux, les cordonniers 'indépendants' de Nouvelle-France resteront sans pouvoir contre celui des tanneurs-cordonniers créés suite à un décret de Jean Talon.  Le 4 décembre 1674, 4 cordonniers de Québec font une requête au Conseil Souverain, dénonçant le monopole d'Étienne Charest, tanneurs de Lévy .  Ce dernier doit fournir les cordonniers de Québec en peaux tannées, matière première pour la fabrication des chausses.  Une requête est donc présenté au Conseil Souverain pour obliger le tanneur de Lévy à fournir les cordonniers de Québec.  Son beau-père, François Bissot, tanneur important et influant de Québec, avait eu la permission de diversifier son entreprise et d'y ajouter la cordonnerie.  Charest héritier d'une partie de l'empire de son beau-père, préfère garder les peaux au profit de son entreprise.  Malgré cette décision du Conseil Souverain d'obliger Charest à fournir les cordonniers de Québec, le défendeur de la cause reste sur sa position.  Toussaint Dubeau, un des 4 cordonniers demandeurs de la requête de 1674, récidive en 1686.